Iris Shocktail de SPRO : la virgule XXL qui débloque les gros brochets

Adrien hillion iris

Si tu pêches le gros brochet en lac de barrage ou en grande étendue d’eau, tu as forcément déjà entendu parler du Iris Shocktail de SPRO. Cette virgule géante, déclinée en 20, 30 et 40 cm, s’est imposée ces dernières années comme une référence pour les chasseurs de spécimens. Adrien Hillion, qui en fait l’un de ses leurres fétiches, est venu me partager sa façon de l’utiliser sur la chaîne Tom Sawyer. L’occasion de faire un article complet sur ce leurre redoutable, ses spécificités techniques, et la manière de le rentabiliser au mieux sur le bord de l’eau.

Le Shocktail, c’est quoi exactement ?

Le Iris Shocktail appartient à la gamme Iris de SPRO, une gamme entièrement pensée pour la traque des gros carnassiers. Le leurre a été redessiné dans sa version actuelle, avec plusieurs améliorations qui changent vraiment la donne quand on le monte.

Concrètement, on a affaire à une virgule (ou grub) anguilliforme de très grande taille, dotée d’un corps en triangle au ventre plat, d’un flagelle long et fin terminé par un petit paddle, et de deux ailerons stabilisateurs. La gomme est tonique, plutôt élastique — au point qu’on peut étirer le leurre de presque un tiers de sa taille, ce qui le rend nettement plus résistant aux dents du brochet que la moyenne des leurres souples de cette catégorie.

Trois tailles sont disponibles :

Pourquoi ce leurre cartonne autant sur le brochet

Une imitation très convaincante de l’anguille

Le profil anguilliforme du Shocktail, son flagelle ondulant et sa nage très droite en font une imitation crédible d’anguille en déplacement. Or, comme le rappelle Adrien, le brochet adore l’anguille — et particulièrement en période de reproduction de cette dernière. C’est pour ça qu’Adrien observe une nette augmentation des touches sur ce leurre entre mars et juillet, période pendant laquelle l’anguille est très présente dans la diète des grands ésocidés.

Évidemment, ça ne veut pas dire que le Shocktail s’arrête de prendre du poisson en été ou en automne. C’est juste qu’à cette période-là, il fait clairement la différence par rapport à un shad classique.

Une nage qui se déclenche toute seule

C’est l’autre grosse force du Shocktail : il n’y a rien à faire. Pas besoin d’animation savante, de twitch, de jerk, de pause-tirée-pause. Tu lances, tu ramènes en linéaire, et le flagelle fait tout le travail. La pointe du flagelle a d’ailleurs une particularité : au lieu d’onduler comme un drapeau, elle finit par fouetter l’arrière du leurre, ce qui crée une signature de nage assez unique.

Ce comportement vient en partie d’une astuce de conception : la matière du bout de queue est légèrement plus rigide que celle du flagelle. Résultat, ça étire le mouvement et ça donne ce petit fouet final qui distingue le Shocktail d’autres virgules du marché.

Un leurre qui ne dévie pas, même à vitesse rapide

Les deux ailerons pectoraux stabilisateurs (un à l’avant, un plus fin à l’arrière) maintiennent le leurre parfaitement droit, quelle que soit la vitesse de récupération. C’est un point souvent sous-estimé sur les grosses virgules : beaucoup de modèles partent en vrille dès qu’on accélère un peu. Le Shocktail, lui, reste stable. Et ces ailerons servent aussi à le faire plonger légèrement quand on le pêche en montage shallow.

Quelle taille choisir ?

C’est la question que tout le monde se pose en premier. Voici les retours d’Adrien, qui pêche essentiellement en lacs de barrage de 30 à 400 hectares :

Le 30 cm : la taille passe-partout

C’est sa taille de référence, utilisée environ 90 % du temps. Le 30 cm fait déjà une belle bouchée pour intéresser les beaux poissons, mais il reste suffisamment accessible pour ne pas exclure les brochets de taille modeste. Adrien a déjà sorti des poissons de 50-60 cm qui décoffrent entièrement le leurre — preuve que même les « petits » brochets actifs n’hésitent pas devant un 30 cm. C’est aussi la taille avec laquelle il a pris son premier brochet de plus de 120 cm (un poisson de 128 cm), ce qui dit assez sur sa polyvalence.

👉 Voir le Iris Shocktail 30 cm

Le 20 cm : pour les pêches plus fines

Le 20 cm est plus adapté aux pêches en tête plombée et aux poissons un peu plus méfiants ou dans des zones où la pression de pêche est forte. Il pèse 18 g, ce qui permet de le pêcher avec une tête plus légère et de prospecter des zones moins profondes ou plus délicates. C’est aussi le choix logique si tu veux le mettre en trailer derrière un chatterbait ou un spinnerbait.

👉 Voir le Iris Shocktail 20 cm

Le 40 cm : la taille monstre pour les chasseurs de records

Le 40 cm pèse 140 g. On est clairement sur un leurre dédié aux gros poissons, à utiliser quand tu cibles les spécimens et uniquement ça. Il faut une canne adaptée (gros bigbait, casting de préférence), et il sélectionne énormément. Mais quand un gros brochet s’y met, il s’y met franchement.

👉 Voir le Iris Shocktail 40 cm

Les coloris : Sexy Elevator et Yellow en tête d’affiche

La gamme s’est récemment enrichie de deux nouveaux coloris très complémentaires, dont Adrien parle longuement dans la vidéo :

Le Yellow

Un coloris flashy, qui capte vraiment bien la lumière. Adrien l’utilise sur les eaux chargées, teintées, sales — typiquement après une crue, en sortie d’hiver, ou sur les retenues qui brassent beaucoup. Dans ces conditions, il sort vraiment du lot et donne au leurre une signature visuelle que le brochet repère de loin.

Le Sexy Elevator

Un coloris plus naturel, avec des reflets de paillettes sur le ventre. Adrien le réserve aux eaux claires, où il a obtenu d’excellents résultats. C’est le choix logique quand la visibilité est bonne et que tu veux jouer la carte de l’imitation plutôt que de la provocation.

À côté de ces deux nouveautés, la gamme Shocktail propose aussi des coloris plus classiques (fire tiger, perche, naturel) qui font le job dans la majorité des situations.

Comment monter le Shocktail

Le montage shallow rig : la valeur sûre

C’est le montage privilégié d’Adrien. Le shallow rig consiste à utiliser un hameçon double avec une attache rapide qu’on glisse à travers le leurre, sans tête plombée (ou avec un lest discret). Avantage : le leurre plane, la nage est plus naturelle, et tu pêches au-dessus des herbiers ou des structures sans accrocher. C’est aussi le meilleur montage pour bien ferrer les touches courtes, qui se produisent souvent en queue de leurre sur ce type de bigbait.

Le gros plus du Shocktail : SPRO a directement intégré sur le corps du leurre les indicateurs de positionnement :

  • Des emplacements renforcés pour les yeux (3D Iris)
  • Des indicateurs sur le ventre pour positionner le stinger
  • Des indicateurs sur le dos pour faire ressortir l’hameçon de tête plombée, avec les tailles précisées : 6/0 et 8/0 sur le 20 cm, 8/0 / 10/0 / 12/0 sur le 30 cm, 10/0 et 12/0 sur le 40 cm.

Concrètement, même un débutant peut monter un Shocktail proprement du premier coup. Plus de découpage approximatif, plus de « j’espère que c’est bien droit ». Tu suis les repères, et c’est plié.

La tête plombée : pour aller plus profond

Si tu veux pêcher plus en profondeur ou en hiver sur des fosses, la tête plombée reste pertinente, surtout sur le 20 cm qui s’y prête particulièrement bien. Une tête ronde ou football fait l’affaire, en adaptant le grammage à la profondeur et au courant.

Le montage texan : pour les zones encombrées

La gomme du Shocktail est ferme et le leurre n’est pas trop épais : il accepte très bien un montage texan avec un bel hameçon costaud, ce qui en fait une option sérieuse pour pêcher dans les nénuphars, les herbiers denses ou les bois noyés.

En trailer de chatter

C’est un usage moins évoqué mais réel : le 20 cm fait un trailer XXL pour un chatterbait ou un spinnerbait, parfait quand tu veux sélectionner les gros sur des zones où les poissons sont actifs.

Animation : la simplicité absolue

Adrien le résume très bien : « pas besoin d’un Bac+10 ». Le Shocktail est un leurre de lancer-ramener pur.

  • Récupération linéaire moyenne : c’est le réglage qui fonctionne le mieux la plupart du temps. Ni trop lent, ni speed.
  • Récupération lente : pour pêcher au-dessus des herbiers ou en début/fin de journée quand les poissons sont moins actifs.
  • Récupération rapide : sur les poissons en chasse ou en été quand ils sont en pleine activité.
  • Phases descendantes : Adrien a très peu de touches à la descente avec ce leurre. Ce n’est pas son point fort. Mieux vaut rester en linéaire.

Le mot de la fin (et l’anecdote du 128)

Adrien a pris son premier brochet de plus de 120 cm avec un Iris Shocktail 30 cm. Un 128 cm, dont les cicatrices sont encore visibles sur la queue du leurre… qui sert toujours aujourd’hui. C’est aussi ça qui explique l’attachement de certains pêcheurs à ce modèle : un leurre qui sort du gros poisson et qui dure dans le temps, malgré une utilisation intensive.

Si tu pêches en grand lac, en réservoir ou en grande rivière et que tu veux mettre toutes les chances de ton côté à l’ouverture du carnassier, le Iris Shocktail mérite clairement une place dans ta boîte. Et si tu n’en prends qu’un, prends le 30 cm.

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FAQ — Iris Shocktail SPRO

Quelle taille de Shocktail choisir pour débuter ?

Le 30 cm est la taille la plus polyvalente. Il prend autant les brochets moyens que les gros spécimens, et c’est le format avec lequel Adrien Hillion pêche 90 % du temps.

Quelle hameçon pour le Shocktail 30 cm ?

SPRO indique directement les emplacements sur le dos du leurre : 8/0, 10/0 ou 12/0 selon le montage et la profondeur visée. Le 10/0 est un bon compromis pour démarrer.

À quelle période le Shocktail est-il le plus efficace ?

Il fonctionne toute l’année, mais Adrien observe un pic de touches de mars à juillet, en correspondance avec la période de reproduction de l’anguille — proie favorite du brochet à cette saison.

Peut-on prendre du sandre avec le Shocktail ?

Oui, surtout avec le 20 et le 30 cm. Adrien a déjà eu des touches de sandres importants sur le 30 cm, même s’ils ne sont pas toujours faciles à sortir vu la taille du leurre.

Le Shocktail accroche-t-il beaucoup ?

Non, surtout en montage shallow rig où l’hameçon est bien plaqué contre le corps. C’est même un de ses gros avantages pour pêcher au-dessus des herbiers et des structures.

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