Abu Garcia Beast Low Profile : frein magnétique ou centrifuge, il faut savoir choisir

Abu Garcia Beast Low Profile

Sur un moulinet casting, il existe deux freins et on ne parle presque jamais du bon. Le frein de combat, celui qui délivre la ligne quand un poisson tire, occupe toute la fiche technique. Le frein de lancer, celui qui décide si tu vas pêcher ou démêler, se résume à une mention en petits caractères. C’est pourtant lui qui détermine ton confort de pêche du premier au dernier lancer.

Ce qui provoque réellement une perruque

Il faut poser le mécanisme avant de comparer les systèmes.

Pendant un lancer, la bobine tourne et délivre du fil. Tant que le leurre tire plus vite que la bobine ne tourne, tout va bien. La perruque naît à l’instant où la bobine tourne plus vite que le fil ne sort, parce que le fil s’accumule alors sur lui-même.

Ce déséquilibre se produit à deux moments précis. Au tout début du lancer, quand l’accélération est brutale et que la bobine, légère, monte en régime plus vite que le leurre. Et à la fin, quand le leurre ralentit ou touche l’eau alors que la bobine tourne encore sur son inertie.

Un frein de lancer sert donc à contenir la vitesse de rotation de la bobine à ces deux moments. Tout le problème est que ces deux moments ne se ressemblent pas.

Centrifuge : le contrôle du départ

Un frein centrifuge est constitué de petites masses mobiles, montées sur des tiges radiales solidaires de la bobine. Quand la bobine tourne, la force centrifuge projette ces masses vers l’extérieur, où elles viennent frotter contre une bague.

La conséquence est directe : la force de freinage augmente très vite avec la vitesse de rotation. Le frein est puissant quand la bobine tourne à plein régime et devient presque inexistant quand elle ralentit.

C’est exactement ce qu’il faut au départ du lancer. Le système écrête le pic d’accélération initial, celui qui provoque la majorité des perruques, puis s’efface pour laisser le leurre filer.

Son défaut est symétrique : en fin de trajectoire, quand la bobine ralentit, il ne freine quasiment plus. C’est à toi de poser le pouce. Son second défaut est pratique : le réglage se fait en général en ouvrant le flasque et en activant ou désactivant des masses, ce qui ne se fait pas d’une main au bord de l’eau.

Magnétique : le contrôle continu

Un frein magnétique utilise des aimants placés face à la bobine métallique. La rotation de la bobine dans le champ magnétique génère des courants induits qui s’opposent au mouvement.

Ici, la force de freinage croît de façon plus régulière avec la vitesse. Le frein travaille sur toute la durée du lancer, y compris en fin de course où il continue à contenir la bobine.

C’est plus tolérant, donc plus rassurant, et c’est ce qui explique que les moulinets destinés aux débutants privilégient souvent ce système. Le réglage se fait par une molette extérieure, ajustable en une seconde entre deux lancers, ce qui est un avantage pratique considérable quand on change souvent de leurre.

Sa contrepartie est une perte de distance : puisqu’il freine en permanence, il ponctionne de l’énergie tout au long de la trajectoire.

Lequel pour quelle pêche du brochet ?

Le raisonnement se fait sur le type de leurre et sur ta façon de pêcher.

Si tu pêches lourd et régulier, un seul type de leurre pendant toute la session, le centrifuge donne de meilleures distances une fois réglé, et son réglage figé n’est pas un problème puisque tu ne changes pas.

Si tu alternes en permanence entre un shad de vingt grammes, un spinnerbait de cinquante et un jerkbait de quinze centimètres, le magnétique est nettement plus confortable : tu ajustes la molette à chaque changement au lieu d’ouvrir le flasque.

Si tu pêches par vent latéral fort, le magnétique pardonne davantage en fin de trajectoire, là où le vent freine le leurre brutalement.

Certains moulinets combinent les deux systèmes, ce qui règle le compromis au prix d’une complexité de réglage supérieure. Vérifie sur la fiche produit lequel équipe la version que tu envisages, l’information n’est pas toujours mise en avant.

Low profile ou tambour rond ?

La question se pose encore sur les moulinets destinés aux gros leurres, et les deux formats n’ont pas disparu par hasard.

Un moulinet à tambour rond dispose d’un volume interne plus important. Il permet des pignons de plus grand diamètre, donc plus de couple, et une bobine de forte contenance. Il évacue aussi mieux la chaleur générée par un frein sollicité longuement.

Un low profile, plus plat, se tient dans le creux de la main et permet de poser le pouce naturellement sur la bobine. L’ergonomie est bien meilleure sur une journée de lancers répétés, et le contrôle du pouce, qui reste ton meilleur frein, est plus naturel.

Pour la pêche du brochet aux leurres de vingt à cent grammes, le low profile l’emporte sans discussion. Au-delà, le débat redevient ouvert, et le comparatif des moulinets casting haut de gamme permet de comparer les deux approches.

La méthode de réglage en trois gestes

Elle vaut pour n’importe quel moulinet casting et elle se refait à chaque changement de leurre.

Premier geste, le frein mécanique, cette molette située côté manivelle. Attache ton leurre, débraye, et règle jusqu’à ce que le leurre descende lentement sans que la bobine ne continue de tourner après le contact au sol.

Deuxième geste, le frein de lancer. Pars d’un réglage volontairement fort, lance, et desserre progressivement lancer après lancer jusqu’à sentir la bobine commencer à s’emballer. Reviens d’un cran.

Troisième geste, le pouce. Il n’est pas optionnel. Pose-le sur la bobine juste avant que le leurre ne touche l’eau. Aucun frein ne remplace ce contact.

Pour construire un ensemble complet et cohérent, l’article sur la première canne casting brochet donne les repères de dimensionnement.

À quel prix ?

Le Beast Low Profile est proposé 218,98€. Avant de commander, vérifie le côté de la manivelle, le ratio et le type de frein de lancer de la version référencée : ce sont les trois paramètres qui ne se rattrapent pas après achat.

Défaire une perruque sans couper la tresse

Ça arrivera, y compris avec un moulinet bien réglé, et la façon de s’y prendre décide si tu perds deux minutes ou trente mètres de tresse.

Le premier réflexe à supprimer est de tirer sur le fil sortant. Chaque traction resserre les boucles sous celles qui sont déjà bloquées et transforme un noeud simple en tresse compacte impossible à démêler.

La méthode qui fonctionne consiste à faire l’inverse. Appuie fermement le pouce sur la bobine pour bloquer les spires du dessous, puis tire doucement sur le brin sortant : la traction ne se propage plus en profondeur et les boucles superficielles se libèrent une à une.

Si le noeud résiste, débraye et tourne la bobine à la main dans le sens du lancer, en petits mouvements. Cela redonne du mou aux boucles enfoncées et permet souvent de les dégager sans outil.

La prévention reste plus efficace que le remède. Une bobine trop pleine, une tresse trop fine pour le grammage, un réglage de frein hérité du leurre précédent : ce sont les trois causes qui reviennent. Reprends le réglage à chaque changement de leurre et remplis la bobine à un ou deux millimètres du bord, pas davantage.

Le mot de la fin

Le frein qui décide de ta journée n’est pas celui qui figure en gros sur la boîte. Choisis le système en fonction de ta façon d’alterner les leurres, reprends le réglage à chaque changement, et garde le pouce prêt. Le reste n’est que du confort.

← Shimano Curado M 201 :… Humminbird Helix 5 G3 :… →