Les modes passent, les tendances changent, les marques se multiplient. Mais certains leurres traversent les décennies sans prendre une ride. Le SPRO BBZ-1 en fait partie. Depuis le milieu des années 2000, ce swimbait au profil de truitelle attrape des brochets partout dans le monde avec une régularité que très peu de leurres peuvent revendiquer. En France, il a été le premier swimbait accessible qui a converti des milliers de pêcheurs à la pêche au big bait, bien avant l’arrivée des swimbaits japonais à 150€.
La version 6 pouces (15 cm) est la plus polyvalente de la gamme. Avec ses 59 g en slow sinking, elle ne nécessite pas de canne big bait dédiée et se lance avec un ensemble casting MH standard. C’est le swimbait d’entrée idéal pour qui veut découvrir cette pêche passionnante, mais aussi le leurre de confiance que les vétérans gardent toujours dans leur boîte, celui qu’on sort quand rien d’autre ne fonctionne.
À environ 30€, c’est le meilleur rapport qualité-prix du marché des swimbaits articulés. Voici pourquoi.
Fiche technique du SPRO BBZ-1 6″
Marque : SPRO (Pays-Bas). Concepteur : Bill Siemantel (USA). Modèle : BBZ-1 Junior 6″. Type : Swimbait articulé hybride (corps dur + queue souple). Taille : 15,2 cm (6 pouces). Poids : 59 g (Slow Sinking / Floating) / 65 g (Fast Sinking). Construction : 3 segments plastique dur + caudale souple. Articulations : Charnières métalliques à grand débattement. Armement : 2 triples Gamakatsu #2. Densités : Floating, Slow Sinking (30 cm en 3 secondes), Fast Sinking (30 cm par seconde). Animation : Linéaire, stop and go, twitch. Profil : Truitelle / poisson fourrage. Cibles : Brochet, black bass, gros sandre. Prix : ~25-30€.
L’histoire du BBZ : du Big Bass américain au brochet européen
L’histoire du BBZ commence aux États-Unis, dans les années 2000. Bill Siemantel, pêcheur de bass réputé et auteur de « Big Bass Zone », est obsédé par une idée : créer un swimbait accessible qui reproduise la nage naturelle d’un poisson fourrage. À cette époque, les swimbaits existent déjà (les modèles custom californiens coûtent 200 à 500 dollars), mais aucun n’est produit en série à un prix raisonnable.

Siemantel travaille pendant deux ans avec SPRO pour mettre au point le BBZ-1. Le résultat est un swimbait articulé en 3 segments de plastique dur, terminé par une queue en plastique souple, le tout équipé de triples Gamakatsu. La combinaison corps dur et queue souple est l’innovation clé : le corps dur donne la masse et la structure, la queue souple apporte une fluidité de nage impossible à reproduire avec un matériau rigide.
Le BBZ-1 original mesure 8 pouces (20 cm) pour 133 à 145 g. Il fait immédiatement sensation dans les tournois de bass américains. Mais c’est en Europe, et particulièrement en France, que le BBZ va trouver une seconde vie inattendue. Les pêcheurs de brochets découvrent vers 2005 que ce leurre au profil de truite arc-en-ciel est absolument dévastateur sur Esox lucius. Le BBZ devient rapidement le swimbait de référence en France, aux côtés du Freddy d’Illex et du Kong de River2Sea.
La version 6 pouces (15 cm) arrive ensuite pour répondre à une demande précise : un swimbait avec la même nage que l’original mais dans un format compatible avec un ensemble casting standard, sans avoir besoin d’investir dans une canne big bait dédiée. C’est cette version qui a démocratisé la pêche au swimbait en Europe.
Aujourd’hui, malgré l’arrivée des swimbaits japonais haut de gamme (Balam, Slide Swimmer, Gantarel), le BBZ reste au catalogue, quasiment inchangé. Et pour cause : il n’a pas besoin d’évoluer. La formule fonctionne depuis 20 ans.
Anatomie du BBZ-1 6″ : pourquoi cette construction est si efficace
Les 3 segments et la queue souple
Le BBZ-1 6″ est construit autour de trois segments en plastique dur articulés par des charnières métalliques à grand débattement. Ce grand débattement est essentiel : il permet une amplitude de mouvement latérale supérieure à celle des charnières classiques, ce qui produit cette nage en S ample et chaloupée qui est la signature du BBZ.
Le dernier segment se prolonge par une section caudale en plastique souple, collée au corps. Cette queue intègre une nageoire caudale large et mobile, ainsi qu’une nageoire adipeuse et une anale. La différence de matériau entre le corps dur et la queue souple crée un contraste de mouvement qui donne au BBZ sa nage si particulière : le corps oscille avec puissance et régularité tandis que la queue ondule avec fluidité et naturel.
Des nageoires en plastique semi-rigide (pectorales, dorsale) servent de dérives pour stabiliser le leurre dans l’eau et éviter qu’il ne roule sur lui-même. La gueule ouverte génère un flux vibratoire lors de la récupération qui ajoute un signal hydrodynamique subtil.
Le système d’armement
Le BBZ-1 6″ est équipé de deux triples Gamakatsu en taille #2. C’est un armement solide et piquant qui assure un ferrage efficace et qui tient bon pendant les combats avec de gros poissons. Le positionnement des triples (un sous le ventre, un sous la queue) est optimisé pour maximiser les chances de ferrage quelle que soit l’angle d’attaque du prédateur.
Le leurre ne dispose pas de système anti-emmêlement : le triple arrière peut occasionnellement se prendre dans la queue souple, surtout lors de lancers brusques ou en conditions venteuses. C’est un défaut mineur que l’on gère en freinant le leurre en fin de lancer avec le pouce sur la bobine.
Les 3 densités
C’est l’un des grands atouts du BBZ-1 : il existe en trois densités pour couvrir toute la colonne d’eau.
Le Floating (~59 g) nage juste sous la surface. C’est le modèle parfait pour prospecter au-dessus des herbiers et dans les zones très shallow. On peut ajouter quelques grammes de lest sur l’œillet de tête pour le transformer en slow sinking si nécessaire.
Le Slow Sinking (~59 g) coule à raison de 30 cm en 3 secondes. C’est la version la plus polyvalente, celle qui convient à 80% des situations. Elle permet de jouer sur les pauses pour laisser le leurre descendre lentement dans la colonne d’eau, ce qui est souvent le déclencheur de la touche.
Le Fast Sinking (~65 g) coule à environ 30 cm par seconde. C’est la version pour pêcher plus profond, en lac ou en rivière, quand les poissons sont calés entre 3 et 6 mètres. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le fast sinking peut aussi s’utiliser en zone shallow avec une récupération rapide.
Test en conditions réelles
Récupération linéaire lente (la base)
Le BBZ-1 6″ est conçu pour le linéaire. On lance, on récupère lentement et régulièrement, et le leurre fait le reste. Les trois segments se mettent immédiatement en mouvement pour produire cette nage en S caractéristique, ample et fluide, qui imite à la perfection un petit poisson en train de nager tranquillement.
La vitesse de récupération idéale est assez lente : un tour de manivelle par seconde environ, en casting avec un ratio de 6 à 7:1. C’est cette lenteur qui donne au BBZ tout son pouvoir d’attraction. Le leurre se déhanche avec nonchalance, la queue souple ondule avec un léger décalage par rapport au corps, et l’ensemble crée une illusion de vie remarquable.

Un moulinet casting est préférable au spinning pour cette animation. Le casting permet un contrôle plus fin de la vitesse de récupération et un ramené plus régulier, ce qui est essentiel pour maintenir la nage optimale du BBZ.
Stop and go
C’est souvent sur les pauses que les touches se produisent. En slow sinking, quand on arrête la récupération, le BBZ-1 commence à couler lentement en se maintenant parfaitement horizontal. Ce maintien horizontal à la descente est l’un des points forts de la conception : le leurre reste en position de nage même quand il coule, ce qui le rend attractif en permanence.
Un stop and go classique (3 à 5 tours de manivelle, pause de 2 à 3 secondes) est redoutable sur les brochets postés. La phase de nage attire le poisson, la pause déclenche l’attaque. C’est particulièrement efficace le long des bordures boisées, des tombants d’herbiers et de toutes les zones où les brochets sont embusqués en attente d’une proie facile.
Twitch et changement de direction
Sur des coups de scion secs et courts, le BBZ-1 effectue des changements de direction latéraux spectaculaires. Bill Siemantel recommande même de laisser couler le leurre jusqu’au fond, ligne détendue, puis d’imprimer de petits twitchs à répétition pour imiter un poisson blessé sur le fond.
Le twitch est particulièrement efficace quand un brochet suit le leurre sans se décider. Un coup de scion sec fait pivoter le BBZ à presque 180°, le mettant soudainement nez à nez avec le poisson suiveur. Cette confrontation inattendue déclenche souvent une attaque de réaction immédiate.
Les limites
La queue souple est le point fragile du BBZ-1. Elle est collée au dernier segment et ne se remplace pas. Une morsure de brochet bien placée peut l’endommager, et les extrémités des segments ont tendance à se fragiliser avec le temps en tapant les unes contre les autres lors des lancers et des animations.
Le BBZ-1 est un leurre relativement bruyant à l’impact sur l’eau à cause de sa masse et de sa forme. Il est indispensable de freiner le leurre avec le pouce en fin de lancer pour adoucir l’arrivée, surtout quand on pêche des poissons méfiants en eau claire.
Enfin, le triple arrière a une fâcheuse tendance à se prendre dans la queue souple, surtout par vent latéral. Ce n’est pas rédhibitoire mais c’est agaçant quand ça arrive en pleine session.
La famille BBZ complète : quel modèle pour quelle situation ?
| Caractéristique | BBZ-1 Shad 4″ | BBZ-1 Jr 6″ | BBZ-1 8″ |
|---|---|---|---|
| Taille | 10 cm | 15 cm | 20 cm |
| Poids (SS) | 28 g | 59 g | 133 g |
| Poids (FS) | 31 g | 65 g | 145 g |
| Triples | 2 × Gamakatsu #6 | 2 × Gamakatsu #2 | 2 × Gamakatsu 1/0 |
| Canne requise | ML / M 5-20 g | MH / H 15-60 g | XH Big Bait 40-150 g |
| Cibles | Perche, petit brochet, bass | Brochet, gros bass | Gros brochet, spécimens |
| Usage idéal | Finesse, eaux claires, sélection perche | Polyvalent, toute saison | Gros milieux, sélection taille |
| Prix | ~15€ | ~25-30€ | ~35-40€ |
Le 6″ est le choix par défaut. Il est suffisamment gros pour intéresser les brochets de 60 cm à plus d’un mètre, tout en restant compatible avec un ensemble casting MH classique que la plupart des pêcheurs possèdent déjà. C’est le modèle qui offre le meilleur compromis entre attractivité, polyvalence et facilité d’utilisation.

Le 4″ est un excellent complément pour les jours difficiles où les brochets boudent les gros profils, ou pour cibler perches et bass.
Le 8″ est le choix pour les grands milieux et les pêcheurs qui veulent sélectionner les plus gros brochets. Mais il nécessite une canne big bait dédiée et une certaine endurance physique.
Quel matériel pour pêcher le BBZ-1 6″ ?
Avec 59 à 65 g sur la balance, le BBZ-1 6″ se lance avec un ensemble casting MH à H classique.
La canne : une casting MH de 2,10 à 2,30 m, puissance 15 à 60 g, avec une action modérée (regular fast à moderate). Le BBZ nécessite une canne un peu souple qui va amortir les attaques violentes et permettre une récupération fluide. Une canne trop raide rend l’animation saccadée et augmente les décroches. La Westin W3 Powerstrike 3RD (~140€) est un excellent choix rapport qualité-prix, tout comme la Spro Insync qui est la compagne naturelle du BBZ.
Le moulinet : un casting de taille 150 à 200, ratio 6:1 à 7:1. Le ratio modéré est préférable au high gear pour maintenir une récupération lente et régulière. Shimano Curado K 150 (~200€), Daiwa Tatula SV TW (~200€) ou Abu Garcia Revo Beast (~150€) sont de bonnes options.
La ligne : tresse en 20 à 25/100, avec un bas de ligne en fluorocarbone 40 à 50/100 de 60 à 80 cm, ou un avançon acier/titane de 20 à 30 cm pour le brochet. La tresse offre la meilleure sensibilité et le meilleur ferrage, mais le nylon en 30/100 peut aussi convenir et amortit mieux les attaques violentes (conseil de Bill Siemantel pour les pêcheurs qui perdent des poissons au ferrage).
Comparatif : BBZ-1 6″ vs la concurrence
Vs Illex Dowzvido (~25€)
Le Dowzvido est le concurrent direct en termes de taille et de prix. C’est un excellent swimbait articulé avec une nage réaliste, mais sa construction 100% corps dur le rend moins fluide en nage que le BBZ et sa queue souple. Le BBZ gagne en naturel de nage, le Dowzvido gagne en durabilité et en résistance aux dents.
Vs Madness Balam 245 (~90€)
Le Balam est dans une autre catégorie de prix mais constitue souvent l’étape suivante pour les pêcheurs conquis par le BBZ. Finitions nettement supérieures, nage encore plus réaliste, mais trois fois le prix. Si le BBZ vous a converti au swimbait, le Balam sera votre évolution naturelle. Mais le BBZ reste le leurre qu’on sort quand on ne veut pas risquer de perdre un Balam dans les obstacles.
Vs Savage Gear 4D Line Thru Trout (~20€)
Le 4D Trout est moins cher et propose un système Line Thru qui protège le leurre. Mais sa nage est moins convaincante que celle du BBZ, et sa construction tout souple le rend moins durable à long terme (la gomme se déchire). Le BBZ offre un meilleur compromis nage-durabilité.
Vs Fox Rage Replicant Swim (~19,99€)
Le Replicant swim est nettement moins cher et offre une bonne nage articulée. C’est une alternative budgétaire respectable, mais la qualité des finitions, des articulations et des triples est en dessous du BBZ. Pour débuter au swimbait sans investir, le Replicant est un bon choix. Pour pêcher sérieusement, le BBZ justifie les 19,99€ supplémentaires.
Guide des coloris pour le brochet
Le BBZ-1 6″ existe en coloris classiques (profil truite arc-en-ciel), en versions UV et en éditions limitées France.
Coloris classiques (profil truite) : les coloris Rainbow Trout et Natural Trout sont les plus vendus et les plus efficaces en eau claire par temps ensoleillé. Le profil truite est universellement reconnu par les brochets comme une proie de choix. Si vous ne devez en acheter qu’un, prenez le Rainbow Trout en slow sinking.
Coloris UV : les versions UV (Fire Tiger UV, Chartreuse UV, etc.) sont les coloris agressifs qui fonctionnent en eau teintée, par faible luminosité ou dans les zones ombragées. Les pigments UV augmentent la visibilité du leurre dans les conditions où les coloris naturels deviennent invisibles.
Coloris France : développés en collaboration avec des pêcheurs français pour coller aux conditions de nos eaux, ces éditions limitées offrent des teintes spécifiquement calibrées pour nos lacs et rivières. Ils sont disponibles uniquement en slow sinking.
Le conseil : un Rainbow Trout en slow sinking pour les conditions normales, un Fire Tiger UV pour les conditions difficiles, et un fast sinking dans le coloris de votre choix pour pêcher profond. Avec ces trois BBZ, vous couvrez 95% des situations.
Saisons et conditions idéales
Le BBZ-1 6″ est un leurre qui fonctionne toute l’année, mais certaines périodes sont particulièrement favorables.
Début de saison (mai-juin) : c’est historiquement la période où le BBZ fait le plus de dégâts. Les brochets sont postés dans les zones shallow après la reproduction, souvent au-dessus des herbiers naissants. Le slow sinking récupéré lentement canne haute est dévastateur.
Été (juillet-août) : le BBZ en version floating permet de prospecter les bordures ombragées et les zones de nénuphars. Le profil truite qui se balade nonchalamment en surface déclenche des attaques spectaculaires.
Automne (septembre-novembre) : les brochets sont en pleine phase d’engraissement. Le fast sinking en récupération lente le long des tombants et des cassures est la technique qui sélectionne les plus beaux poissons de l’année.
Hiver (décembre-mars) : le fast sinking laissé couler profondément puis animé par petits twitchs sur le fond peut surprendre des brochets apathiques. Ce n’est pas la saison de prédilection du BBZ, mais la technique de Siemantel (fond + twitchs courts) produit des résultats là où on ne les attend pas.
Entretien et durée de vie
Le BBZ-1 est un leurre robuste pour un swimbait, mais quelques précautions s’imposent.
La queue souple est l’élément le plus fragile. Elle est collée au dernier segment et ne se remplace pas. Stockez vos BBZ dans des compartiments individuels pour éviter que les triples n’endommagent la queue d’un autre leurre. Évitez de laisser le BBZ au soleil prolongé car les UV dégradent le plastique souple avec le temps.
Les charnières métalliques peuvent se desserrer après un usage intensif. Vérifiez régulièrement que les articulations ne prennent pas de jeu excessif. Un léger resserrage à la pince plate permet de corriger le problème si nécessaire.
Les triples Gamakatsu conservent leur piquant très longtemps, mais un remplacement par des triples de même taille (#2) est possible si nécessaire. Certains pêcheurs remplacent les triples d’origine par des triples semi-barbless pour faciliter le décrochage et réduire les dommages au poisson.
En usage normal, comptez 15 à 30 prises par BBZ, voire davantage si les poissons attaquent proprement sur le corps. La durée de vie est limitée principalement par l’usure de la queue souple et des finitions de peinture.
FAQ : vos questions sur le SPRO BBZ-1 6″
Le BBZ-1 6″ est-il un bon premier swimbait ?
C’est probablement le meilleur premier swimbait du marché. Son prix raisonnable (~30€) réduit le stress de perte dans les obstacles, son poids de 59 g est compatible avec un ensemble MH que la plupart des pêcheurs possèdent déjà, et son animation en linéaire est d’une simplicité enfantine. Si vous n’avez jamais pêché au swimbait, c’est par le BBZ qu’il faut commencer.
Quelle densité choisir en premier ?
Le Slow Sinking, sans hésitation. C’est la version la plus polyvalente qui couvre 80% des situations. Elle permet de pêcher de la surface à 2 mètres de profondeur selon la vitesse de récupération et la durée des pauses. Ajoutez ensuite un Fast Sinking pour pêcher plus profond.
Le BBZ-1 6″ attrape-t-il des gros brochets ?
Absolument. 15 cm, c’est une bouchée très attractive pour un brochet de 80 cm et plus. Ce n’est pas un leurre qui sélectionne uniquement les petits poissons. De nombreux brochets métriques ont été capturés avec le BBZ-1 6″, y compris en compétition.
Peut-on utiliser le BBZ-1 en spinning ?
C’est possible mais pas idéal. Le casting offre un meilleur contrôle de la vitesse de récupération et un freinage plus précis à l’arrivée. En spinning, le ramené a tendance à être trop rapide et moins régulier, ce qui nuit à la nage du BBZ. Si vous n’avez qu’un spinning, ralentissez au maximum votre récupération.
La queue souple est-elle vraiment fragile ?
C’est le point faible du BBZ, mais il faut relativiser. En usage normal (pas de morsure directe sur la queue), la queue tient largement une saison complète. Les problèmes surviennent quand un brochet attaque la queue au lieu du corps, ou quand les segments tapent les uns contre les autres de manière répétée. La colle cyanoacrylate peut prolonger la vie d’une queue légèrement endommagée.
Pourquoi le BBZ n’a-t-il pas évolué en 20 ans ?
Parce qu’il n’en a pas besoin. La formule fonctionne. Les seules évolutions ont été cosmétiques : des yeux plus agressifs, des coloris UV, des éditions France. La construction, les proportions, la nage et l’armement n’ont pas changé parce qu’ils n’ont rien à envier à des leurres trois à cinq fois plus chers.
Comment éviter que le triple arrière se prenne dans la queue ?
Freinez systématiquement le leurre avec le pouce en fin de lancer. Le BBZ doit arriver dans l’eau en position tendue, pas en vrille. Si le problème persiste, vous pouvez raccourcir très légèrement la hampe du triple arrière ou passer à un triple plus petit (#4 au lieu de #2) qui aura moins tendance à accrocher la queue.
Mon verdict final
Le SPRO BBZ-1 6″ est la définition même du leurre intemporel. Dans un marché où les nouveautés se succèdent à un rythme effréné, où chaque saison apporte son lot de swimbaits révolutionnaires à des prix toujours plus élevés, le BBZ continue tranquillement de faire ce qu’il fait depuis 20 ans : attraper des brochets.
Sa force, c’est la simplicité. Trois segments, une queue souple, deux triples Gamakatsu, une nage en S qui fonctionne toute seule. Pas de billes de transfert, pas de technologie complexe, pas de prix exorbitant. Juste un leurre qui nage comme un poisson et qui déclenche des attaques.
Le format 6 pouces est le point d’entrée parfait dans le monde du swimbait. Ses 59 g permettent de le lancer avec un ensemble casting MH classique, sa taille de 15 cm intéresse les brochets de toutes tailles, et ses trois densités disponibles couvrent l’ensemble de la colonne d’eau. C’est le couteau suisse du swimbait.
À environ 30€, le rapport qualité-prix est tout simplement imbattable. Un Balam coûte 5 fois plus cher, un Slide Swimmer 10 fois plus. Est-ce que ces leurres japonais sont meilleurs ? En finition, oui. En nage, marginalement. En efficacité brute sur le nombre de touches ? La différence est bien moins flagrante que l’écart de prix ne le laisse penser.
Le BBZ-1 6″, c’est le swimbait qu’on peut se permettre de lancer dans les obstacles, celui qu’on n’a pas peur de perdre dans un arbre immergé, celui qu’on sort quand les conditions sont dures et qu’il faut juste que ça morde. C’est le leurre de confiance, celui qui a fait ses preuves sur des millions de brochets à travers le monde pendant deux décennies.
Si vous n’avez jamais pêché au swimbait, commencez par lui. Et si vous pêchez au swimbait depuis des années, vous l’avez probablement déjà dans votre boîte. Si ce n’est pas le cas, il est temps de corriger cette erreur.