Le Balam est un nom qui circule dans tous les cercles de pêcheurs de gros brochets depuis plusieurs années. Conçu par la marque japonaise Madness, installée à Shizuoka, ce swimbait articulé a d’abord conquis les traqueurs de monster bass sur le lac Biwa avant de traverser les océans pour s’imposer en Europe comme une arme redoutable face aux esocidés. Le Madness Balam 200 est la version compacte de cette famille emblématique : 200 mm pour environ 62 à 64 g selon les coloris, un gabarit qui change la donne pour ceux qui veulent l’ADN du Balam sans investir dans du matériel big bait dédié.
Pourquoi le Balam 200 existe-t-il aux côtés du 245 et du 300 ?
La gamme Balam compte aujourd’hui quatre modèles : le 200 (environ 62 g, flottant), le 245 (104 g, flottant), le 300 flottant (autour de 115 g) et le 300 S en version slow sinking (environ 130 g). Le 245 est celui qui a bâti la réputation de la série, et beaucoup de pêcheurs se demandent ce qu’apporte le 200 face à un grand frère déjà éprouvé. La réponse tient en deux mots : accessibilité et précision.
Le Balam 245 exige une canne XH (extra heavy) et un moulinet costaud capable de supporter des lancers répétés à plus de 100 g. Le 200, avec ses 62 g, se lance confortablement avec une canne H (heavy) classique, celle que la plupart des pêcheurs de brochets possèdent déjà. Aucun investissement supplémentaire en matériel, aucune fatigue prématurée du poignet en fin de journée, et surtout la possibilité d’animer le leurre avec toute la finesse que permet un ensemble équilibré.
L’autre avantage du format 200 mm est la précision de lancer. Sur les petites rivières encombrées, dans les bras morts bordés de bois noyés ou les étangs où chaque poste se joue à cinquante centimètres près, la compacité du Balam 200 permet de placer le leurre exactement là où il doit aller. Le 245 ou le 300, plus lourds et plus encombrants, pardonnent moins les erreurs de trajectoire dans ces configurations serrées.
Comment est construit le Balam 200 ?
Le Balam 200 reprend la philosophie de construction qui a fait le succès de toute la gamme. Le corps se divise en quatre sections articulées, moulées en résine ABS, un matériau rigide et résistant aux chocs qui encaisse sans sourciller les attaques violentes et les contacts avec les obstacles. Chaque articulation est conçue pour transmettre le mouvement de manière fluide d’une section à la suivante, créant cette ondulation progressive si caractéristique de la nage du Balam.

La queue, en silicone souple, constitue la cinquième « section » du leurre, celle qui fait toute la différence à la pause. Quand tu stoppes ta récupération, le corps s’immobilise mais la queue continue de flotturer dans le courant ou sous l’effet de l’inertie, exactement comme la caudale d’un poisson fourrage en suspension. C’est souvent à ce moment précis que le brochet décide de frapper. Les deux triples de taille #1, positionnés sous les sections centrales, assurent un taux de piquage élevé sans déséquilibrer la nage.
Un détail qui mérite d’être signalé : la queue en silicone est un consommable. Après plusieurs poissons ou quelques contacts avec des pierres, elle finit par se déchirer. Madness commercialise des queues de remplacement (référence 17534 chez le revendeur), ce qui évite de racheter un leurre complet à chaque fois. C’est un point à prendre en compte dans le budget global : investir dans deux ou trois queues de rechange dès l’achat du leurre est une précaution raisonnable.
Quelle est la nage du Balam 200 et comment l’animer ?
Le Balam 200 est livré en version flottante (certaines sources évoquent une densité très proche du suspending autour de 62,4 g, ce qui peut varier selon la température de l’eau et le coloris choisi). En pratique, cela signifie qu’à la pause, le leurre remonte très lentement vers la surface, offrant une fenêtre de déclenchement supplémentaire pour les brochets qui suivent.
La récupération linéaire lente est la première technique à maîtriser. Un simple cranking régulier suffit à déclencher la nage ondulatoire des quatre sections, produisant une ondulation ample et naturaliste qui imite un gardon ou une brème en déplacement. En eau froide, quand les brochets sont léthargiques et postés près du fond, cette approche minimaliste provoque des attaques de réaction chez des poissons qui ne se seraient pas déplacés pour un leurre plus rapide.
La récupération rapide, dite high speed, est la spécialité du Balam et ce qui le distingue de la plupart de ses concurrents. Là où beaucoup de swimbaits articulés perdent leur stabilité et commencent à rouler ou à décrocher au-delà d’une certaine vitesse, le Balam 200 conserve une nage parfaitement équilibrée même cranké à pleine vitesse. Cette technique est directement héritée des guides japonais du lac Biwa, qui l’utilisent pour déclencher des attaques de réaction chez les gros bass. Transposée au brochet, elle fonctionne remarquablement en été, quand les poissons sont actifs et en chasse dans les couches supérieures. Le réflexe prédateur l’emporte sur la méfiance : le brochet voit passer une proie rapide et attaque par instinct.
Le stop and go reste la technique polyvalente par excellence. La combinaison d’une récupération régulière et de pauses marquées exploite à la fois la nage active des sections et le flutter de la queue en silicone pendant les arrêts. La longueur et la fréquence des pauses s’ajustent en fonction de l’activité des poissons : pauses courtes (une à deux secondes) quand les brochets sont réactifs, pauses longues (cinq à dix secondes) en eau froide ou sur des poissons éduqués.
La technique du figure de huit au bateau, popularisée par les pêcheurs nord-américains de musky, trouve dans le Balam 200 un allié de choix. Son format compact et sa grande maniabilité lui permettent de tourner serré au bout de la canne, maintenant l’illusion d’une proie affolée même dans un rayon réduit. Si un brochet a suivi le leurre jusqu’au bateau ou au float tube sans attaquer, le huit peut déclencher l’engagement final.
Dans quelles conditions le Balam 200 excelle-t-il vraiment ?
Le Balam 200 trouve son terrain de jeu idéal dans les milieux de taille moyenne à petite. Les rivières de deuxième catégorie avec leurs postes marqués (souches immergées, herbiers clairsemés, tombants de berge), les étangs et les gravières aux bordures encombrées, les bras morts de grands fleuves : autant de situations où le format 245 ou 300 serait surdimensionné ou trop difficile à placer avec précision.
En termes de température d’eau, le Balam 200 couvre un spectre large. En eau froide (4 à 10 °C), la récupération lente et les pauses longues exploitent la flottabilité naturelle du leurre et le flutter de la queue pour tenter les brochets léthargiques. En eau tempérée (10 à 18 °C), le stop and go et les variations de vitesse permettent de prospecter efficacement les transitions de profondeur. En eau chaude (au-delà de 18 °C), la récupération rapide prend tout son sens sur les poissons en chasse active dans les couches superficielles.

La luminosité influence le choix des coloris. Par fort ensoleillement et eau claire, les teintes naturelles comme Laser Hasu, Clear Hasu ou les finitions Real Print (Real Amago, Real Biwako Hasu) reproduisent fidèlement les proies locales et inspirent confiance aux brochets méfiants. En eau teintée ou par ciel couvert, les coloris à forte visibilité comme GM Chart, Odorya Chart ou Peacock permettent au brochet de repérer le leurre de plus loin. Le Satan Black, un coloris contre-intuitif pour beaucoup de pêcheurs, se révèle redoutable en conditions de faible luminosité, créant une silhouette nette et contrastée vue du dessous.
Comment le Balam 200 se positionne-t-il face à la concurrence ?
Le segment des swimbaits articulés autour de 20 cm pour le brochet n’est pas un désert : le Megabass I Slide 265 R, le Deps Slide Swimmer 175, le Gan Craft Jointed Claw 178 ou encore l’Illex Downsider 200 occupent le même territoire. Chacun avec une personnalité distincte.
Le Deps Slide Swimmer 175, à 175 mm, joue dans un registre plus subtil et plus lent. Sa nage en S prononcée est une référence absolue pour les brochets éduqués sur les lacs de barrage, mais il manque de polyvalence dans les animations rapides. Le Gan Craft Jointed Claw 178 est un glide bait pur, dont l’action en S et les glides latéraux conviennent mieux aux techniques de twitch qu’au cranking régulier. Son profil fin et sa nage désarticulée sont complémentaires du Balam plutôt que concurrents directs.
Ce qui distingue le Balam 200 dans ce paysage, c’est sa densité : environ 62 à 64 g pour 200 mm, ce qui est nettement plus lourd que ses rivaux à taille comparable (le Jointed Claw 178 pèse 56 g, le Slide Swimmer 175 environ 58 g). Cette densité supérieure se traduit par des lancers plus longs et une meilleure tenue dans le courant, deux avantages concrets en rivière. Elle explique aussi pourquoi le Balam conserve sa stabilité en high speed retrieve, là où des leurres plus légers se mettent à rouler.
Le prix constitue le principal frein : entre 99 et 130 € selon le coloris (les versions Real Print sont les plus chères), le Balam 200 se situe dans la gamme haute des swimbaits articulés. Pour un pêcheur qui aborde le big bait pour la première fois, un LMAB Real Vibe 180 à 30-40 € peut constituer une porte d’entrée plus raisonnable. Mais pour celui qui sait ce qu’il veut et qui recherche le summum de la nage articulée en format compact, le Balam 200 se justifie par sa polyvalence d’animation et sa robustesse de construction.
Quel matériel pour pêcher au Balam 200 ?
Le gros avantage du Balam 200 par rapport à ses grands frères est justement de ne pas imposer un équipement spécialisé. Une canne casting H (heavy) de 2,10 à 2,30 m, avec une puissance de lancer couvrant les 40-80 g, offre le compromis idéal entre capacité de lancer et précision d’animation. Les cannes trop rigides (XH) brident la nage en absorbant trop peu les vibrations du leurre, tandis que les cannes trop souples rendent les jerks et les twitchs imprécis. Une action regular fast ou moderate constitue le meilleur compromis.
Le moulinet casting doit proposer une récupération suffisamment rapide pour exploiter la technique du high speed : un ratio de 7:1 ou plus est recommandé. La contenance de bobine n’a pas besoin d’être démesurée : un modèle taille 200 chargé en tresse de 20 à 30 lb convient parfaitement. Le bas de ligne en fluorocarbone de 50 à 60 lb ou en acier souple de 30 cm protège contre les dents du brochet sans entraver la nage du leurre.
FAQ
Le Balam 200 est-il flottant ou coulant ?
Le Balam 200 est livré en version flottante (floating). Certains revendeurs mentionnent un comportement proche du suspending autour de 62,4 g, ce qui peut s’expliquer par des variations de densité selon le coloris ou la température de l’eau. En pratique, à la pause, le leurre remonte très lentement vers la surface, un comportement intermédiaire entre flottant franc et suspending. Contrairement au Balam 300 S, il n’existe pas de version slow sinking dédiée en taille 200.
Peut-on remplacer la queue en silicone du Balam 200 ?
Oui. La queue en silicone est un consommable prévu pour être remplacé. Madness commercialise des queues de remplacement vendues séparément. C’est un achat fortement recommandé dès l’acquisition du leurre, car la queue finit par se déchirer après plusieurs poissons ou contacts avec les obstacles. Avoir deux ou trois queues d’avance permet de ne pas écourter une session pour un leurre autrement intact.
Faut-il une canne big bait spéciale pour lancer le Balam 200 ?
Non, c’est précisément l’intérêt du format 200 mm. Avec ses 62 à 64 g, le Balam 200 se lance confortablement avec une canne casting H (heavy) standard, d’une puissance de lancer de 40 à 80 g. Les cannes XH ou big bait spécifiques ne sont nécessaires que pour le Balam 245 (104 g) et le Balam 300 (115-130 g).
Quels sont les meilleurs coloris du Balam 200 pour le brochet ?
En eau claire et par beau temps, les coloris naturels comme Laser Hasu, Clear Hasu et les finitions Real Print (Real Amago, Real Biwako Hasu) imitent fidèlement les proies locales. En eau teintée ou par faible luminosité, les coloris chartreuse (GM Chart, Odorya Chart) et le Satan Black offrent une meilleure visibilité. Le choix dépend avant tout des conditions du jour : la température de l’eau, la clarté et la couverture nuageuse guident le sélection plus que le goût personnel.
Le Balam 200 est-il adapté à la pêche en rivière ?
Oui, et c’est même l’un des contextes où il brille le plus. Sa densité élevée (62-64 g pour 200 mm) lui confère une excellente tenue dans le courant, bien supérieure à des swimbaits plus légers de taille comparable. Son format compact permet de placer des lancers précis le long des berges, dans les veines de courant et derrière les obstacles immergés. En rivière de deuxième catégorie avec des postes marqués, le Balam 200 est souvent plus pertinent que le 245 ou le 300 qui manquent de maniabilité dans les espaces restreints.
Quelle est la différence entre les coloris standard et Real Print ?
Les coloris Real Print (Real Amago, Real Biwako Hasu) bénéficient d’une impression photographique ultra-réaliste reproduisant les écailles et les nuances d’un vrai poisson, alors que les coloris standard utilisent une peinture classique avec des reflets métalliques ou holographiques. Les Real Print sont sensiblement plus chers (105 à 130 € contre 99 à 120 € pour les standards) et sont souvent en rupture de stock plus rapidement en raison de leur popularité auprès des collectionneurs et des pêcheurs en eaux très claires.
Verdict
Le Madness Balam 200 est le choix logique pour le pêcheur de brochets qui veut accéder à la nage légendaire du Balam sans bouleverser son équipement. Sa construction en quatre sections articulées et sa queue en silicone produisent une nage d’un réalisme saisissant, sa densité élevée garantit des lancers longs et une tenue irréprochable en courant, et sa polyvalence d’animation (du cranking lent au high speed) couvre la quasi-totalité des situations rencontrées au bord de l’eau. Le prix, entre 99 et 130 € selon le coloris, le réserve aux pêcheurs qui savent ce qu’ils recherchent et qui sont prêts à investir dans un leurre premium. Pour les autres, il existe des alternatives plus accessibles, mais aucune ne combine exactement la même densité de nage, la même stabilité en vitesse et ce flutter de queue à la pause qui fait toute la différence sur les brochets éduqués.

