Un spinnerbait pensé dès le départ pour le brochet, ce n’est pas si courant : la plupart des modèles viennent du bass et sont ensuite adaptés. Le BIM Tackle Tiger Pike 32 g annonce des palettes Colorado et Willow, une armature en fil renforcé et un hameçon à longue hampe prévu pour recevoir un trailer souple. À 14,90 euros, la question est de savoir ce qu’il apporte face aux autres références du site. Cet article s’appuie sur la fiche du marchand, sur deux avis d’acheteurs que j’ai trouvés chez un revendeur canadien et sur la recherche sur le brochet. Je ne l’ai pas pêché moi-même : c’est une analyse documentée, pas un test.
Que dit la fiche du Tiger Pike ?
Le Tiger Pike est un spinnerbait de 32 g, dont 20 g pour la tête plombée. L’armature est en fil renforcé, conçue pour résister aux déformations et aux chocs répétés des combats avec un brochet, et l’attache est bouclée pour éviter jeu parasite et décrochage au ferrage. Le montage associe une palette Colorado, ronde et large, qui produit de fortes vibrations basses fréquences et convient au slow rolling, et une palette Willow, plus allongée, qui tourne vite avec un flash marqué et permet de couvrir de vastes zones. L’hameçon, à longue hampe et ultra-pointu, est prévu pour accueillir un trailer souple qui augmente le volume du leurre, change sa silhouette ou ralentit sa chute.

Poids : 32 g (tête de 20 g).
Palettes : Colorado et Willow (taille 6 d’après un revendeur canadien).
Armature : fil renforcé, attache bouclée.
Hameçon : longue hampe, très pointu, prévu pour un trailer souple.
Profondeur : mi-eau, du peu profond aux profondeurs intermédiaires.
Coloris : Killer Gold, Black Gold, Fire Tiger, Herring, White Chartreuse, Charming Shad.
Colorado et Willow : pourquoi les deux ?
Le principe de la double palette est d’offrir au brochet deux signaux à la fois : une vibration lente et large, qui se ressent à basse vitesse, et un flash rapide, qui attire l’œil de loin. À récupération lente, la Colorado travaille et la Willow suit ; à récupération plus rapide, la Willow tourne et la Colorado se calme. C’est ce que dit le fabricant, et c’est cohérent avec le dessin des deux palettes. Le Tiger Pike est donc d’abord un leurre à récupération réglable, ce qui le rend utile quand tu ne sais pas encore à quelle vitesse les poissons sont prêts à attaquer.
Le choix de la vitesse suit la température et la répartition des poissons. Dans l’étude de Pierce et collègues sur trois lacs du Minnesota (Transactions of the American Fisheries Society, 2013, résumé), les petits brochets se tenaient dans des eaux peu profondes à couvert végétal, alors que les gros suivaient la thermocline vers des eaux de 16 à 21 °C en plein été. Un spinnerbait de 32 g qui nage à mi-hauteur convient donc surtout aux poissons de couvert, et aux brochets répartis sur toute la hauteur d’eau quand elle est fraîche ou froide. Pour les gros poissons profonds de plein été, il faudra une autre approche.
Que disent les acheteurs ?
Un revendeur canadien affiche deux avis, avec une moyenne de 4,5 sur 5, ce qui reste un tout petit échantillon. Le premier acheteur juge l’armature solide, un peu plus grande que celle d’un spinnerbait de bass classique, avec un bon comportement au lancer et une bonne efficacité à toutes les vitesses de récupération. Le second l’a utilisé pour le brochet et le maskinongé en rivière, trouve que la longue hampe fonctionne bien avec un paddle tail de 5 pouces et apprécie les coloris. Je n’ai pas trouvé d’avis en France. Garde donc en tête que ces deux retours viennent d’un autre marché et d’autres poissons.

Un spinnerbait est-il plus sûr pour le poisson ?
Une étude de 2008 (Arlinghaus, Klefoth, Kobler et Cooke, North American Journal of Fisheries Management, résumé) a comparé les types d’appâts pour la pêche récréative du brochet. La mortalité initiale moyenne mesurée est faible (2,4 %, avec une marge d’erreur de 1,5 point). Les piqûres critiques, dans les branchies ou la gorge, sont plus fréquentes avec les appâts naturels, les shads souples, les têtes plombées et les cuillers qu’avec les cuillers tournantes et les wobblers. Un spinnerbait n’est pas une cuiller tournante au sens strict de l’étude, mais il s’en rapproche par son principe : un hameçon unique et une récupération continue. C’est un point plutôt favorable, sans en faire une garantie. Garde une pince et lis notre page sur le bas de ligne pour le brochet : la tresse seule ne résiste pas aux dents.
Tiger Pike ou Da’Bush 32 g ?
Les deux pèsent 32 g. Notre fiche du Savage Gear Da’Bush 32 g décrit un modèle de marque plus connue ; le Tiger Pike se distingue par sa double palette Colorado et Willow et par son hameçon prévu pour un trailer, au prix de 14,90 euros. Les autres références sont réunies dans notre comparatif des spinnerbaits pour le brochet. Si ton budget est serré, ne néglige pas non plus la page spinnerbaits pas chers pour le brochet.
Comment le monter et le présenter ?
Le trailer souple est l’option la plus intéressante. Selon le fabricant, il augmente le volume du leurre, modifie sa silhouette et ralentit sa descente entre deux récupérations. Un acheteur cité plus haut l’a monté avec un paddle tail de 5 pouces. Les coloris se choisissent selon la clarté de l’eau : en eau claire un coloris naturel comme Herring, en eau trouble ou par ciel sombre un coloris plus marqué comme Fire Tiger. Attention : White Chartreuse et Charming Shad sont en rupture chez le marchand au moment de la rédaction, il reste Killer Gold, Black Gold, Fire Tiger et Herring.

Pour qui, et à quel prix ?
Le BIM Tackle Tiger Pike 32 g est disponible chez le marchand à 14,90 euros dans quatre coloris sur six (prix à vérifier sur la fiche). Il convient au pêcheur qui veut un spinnerbait robuste pour prospecter bordures, herbiers et obstacles sans investir dans une référence haut de gamme. Il convient moins à celui qui cherche à sonder des profondeurs importantes, ou qui n’a pas l’habitude d’un leurre à hameçon unique, plus exigeant au ferrage. Mon verdict par usage : un spinnerbait pensé pour le brochet, d’un prix modéré, à essayer en prospection avant de monter en gamme.
Sources
Fiche du revendeur et du fabricant (spécifications), avis publiés par un revendeur canadien (deux avis, moyenne de 4,5 sur 5). Pierce, R. B., Carlson, A. J., Carlson, B. M., Hudson, D. et Staples, D. F. (2013), Transactions of the American Fisheries Society, 142(6), 1629-1639 (résumé). Arlinghaus, R., Klefoth, T., Kobler, A. et Cooke, S. J. (2008), North American Journal of Fisheries Management, 28, 123-134 (résumé).
