Nays MZ RNNR 2.0 (Avis) : Le spinnerbait qui révolutionne la pêche du brochet

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Nays MZ RNNR 2.0 : le spinnerbait qui devrait convaincre les Français de (enfin) franchir le pas

Le spinnerbait est probablement la technique la plus sous-estimée pour le brochet en France. Aux États-Unis, c’est un classique absolu pour le bass et le brochet en eau peu profonde. En Europe, on le regarde encore avec une certaine méfiance, ce leurre bizarre avec sa jupe en silicone et sa palette tournante a du mal à trouver sa place dans les boîtes des pêcheurs français, alors même qu’il est dévastateur dans les bons contextes. C’est dommage, parce que les brochets, eux, y sont complètement sensibles.

Nays est une marque française spécialisée dans les leurres pour carnassiers, et leur MZ RNNR 2.0 est une belle interprétation du spinnerbait euro-style : compact, nerveux, bien construit, et à 13,60€, il ne demande pas de réfléchir longtemps avant d’en commander une demi-douzaine pour varier les couleurs. Si vous n’avez jamais tenté le spinnerbait pour le brochet, ce leurre est le point d’entrée idéal.

Présentation et première impression

Le MZ RNNR 2.0 a l’architecture classique d’un spinnerbait : un bras en acier plié à angle obtus, une palette fixée en bout de bras via un émerillon, et une tête de jig lestée avec une jupe souple et un hameçon simple. Le tout fait 14g dans la version Large, ce qui en fait un leurre relativement léger mais parfaitement adapté aux eaux peu profondes que le brochet affectionne.

À l’œil, la palette est bien brillante, montée sur un émerillon qui tourne librement et sans résistance perceptible dès les premières rotations. C’est important : un émerillon de mauvaise qualité qui freine la rotation de la palette tue l’efficacité du leurre. Ici, la palette entre en rotation immédiatement, même à faible vitesse de récupération, point positif dès l’ouverture du paquet. La jupe en silicone multibrins a une bonne densité : elle pulse et respire dans l’eau, ajoutant du volume et de la vie à l’ensemble. La tête de jig est correctement peinte avec un œil holographique réaliste. L’hameçon simple est costaud pour sa taille, point très important, car un hameçon qui ouvre sur un brochet de 4kg est une catastrophe.

Le bras en acier est d’une rigidité correcte : il ne se déforme pas au premier brochet mais peut se plier légèrement après des combats violents avec de gros sujets. Il suffit de le redresser délicatement à la main, c’est la maintenance normale d’un spinnerbait.

Caractéristiques techniques

  • Poids : 14g
  • Type : Spinnerbait mono-palette
  • Palette : Willow (allongée) ou Colorado (ronde) selon coloris — la Willow est plus rapide et plus discrète en surface, la Colorado vibre plus fortement et monte plus
  • Jupe : Silicone multibrins, densité correcte
  • Hameçon : Simple, émerillon intégré, fil 4/0
  • Prix : 13,60€

L’hameçon simple est la clé technique du spinnerbait : contrairement aux leurres à triples, il ne s’accroche pas dans la végétation. On peut littéralement passer un spinnerbait dans un tapis de nénuphars, le long de tiges de roseaux, dans des herbiers denses, et en ressortir sans accrochage. Pour le brochet qui se poste systématiquement sous les abris végétaux, c’est un accès à des zones que les autres leurres ne peuvent tout simplement pas atteindre.

Sur l’eau : le verdict terrain

Mon rapport au spinnerbait pour le brochet a vraiment commencé lors d’une session sur un étang normand en juillet. Eau basse, chaleur, végétation dense au bord et en surface. Toutes mes approches habituelles, jerkbaits, shads, revenaient avec des plantes. J’ai sorti un spinnerbait, ignoré cette technique depuis des années. Résultat : trois brochets en deux heures, tous pris dans ou sous la végétation à moins de deux mètres de la berge. C’est ce jour-là que j’ai compris pourquoi les Américains ne sortent jamais sans un spinnerbait dans la boîte.

Le MZ RNNR 2.0 est le spinnerbait avec lequel j’ai depuis converti plusieurs amis pêcheurs à cette technique. La raison est simple : il pardonne les erreurs de débutant. La fenêtre de récupération correcte est large, une vitesse modérée à rapide suffit pour que la palette tourne régulièrement et que le leurre reste en surface ou juste dessous. Pas besoin d’une maîtrise parfaite pour obtenir de bons résultats.

La technique de base est simple : lancez vers une zone de végétation, récupérez en linéaire à vitesse régulière, en faisant passer le spinnerbait juste sous la surface ou à travers les plantes. Les brochets attaquent souvent au moment où le leurre émerge d’une touffe de nénuphars, l’effet de « surgissement » déclenche un réflexe de chasse. Sur les canaux normands, j’obtiens systématiquement de meilleurs résultats avec le spinnerbait qu’avec des leurres classiques dans les zones à végétation dense, surtout au printemps et en été quand les brochets se tiennent au bord.

En Hollande, dans les canaux et polders plats avec peu de végétation, le spinnerbait sert plutôt à la prospection rapide. La palette vibrante et le flash attirent les brochets de loin, j’utilise souvent le MZ RNNR 2.0 en début de session pour localiser les zones actives. Une fois un brochet repéré mais méfiant, je change pour un leurre plus subtil comme l’Illex RV Minnow 110 ou le TN80 pour le déclencher.

Avec un trailer souple ajouté sur l’hameçon, un shad de 7-8cm type Nays PRDTR ou un grub, le MZ RNNR gagne en masse et en battements, ce qui améliore l’attractivité sur les brochets moins actifs. Le trailer est optionnel mais recommandé dès que les conditions sont moins favorables (eau froide, lumière basse, brochets léthargiques).

La limite principale du MZ RNNR 2.0 est son poids : 14g est adapté aux eaux peu profondes jusqu’à 1,5-2m maximum. Pour pêcher plus profond ou dans des zones avec du courant fort, il faudra une version plus lourde ou un spinnerbait tandem à double palette plus lourde. À garder à l’esprit pour choisir les contextes d’utilisation.

Pour qui est ce leurre ?

Le MZ RNNR 2.0 est fait pour tout le monde, et c’est son meilleur argument. À 13,60€, il est accessible pour débuter la technique du spinnerbait sans risque financier. Pour les pêcheurs expérimentés, il complète efficacement la boîte pour les contextes végétés où les autres leurres sont inefficaces. Pour les pêcheurs côtiers normands qui opèrent sur des canaux et étangs avec végétation dense, c’est un indispensable.

Il ne remplace pas une large gamme de leurres, c’est un spécialiste de contextes précis. Mais dans ces contextes, il n’a quasiment pas de concurrent à ce prix.

Comparatif et alternatives

Vs Illex Blade Blaster chatterbait (13€) : Le Blade Blaster est un leurre de même type fonctionnel mais techniquement différent. Plus facile à animer (récupération linéaire simple), moins efficace en végétation dense mais excellent sur les structures dures. Les deux méritent d’être en boîte.

Vs shads classiques : Les shads en texan sont également anti-herbe, mais le spinnerbait a l’avantage du flash et des vibrations supplémentaires de la palette. Complémentaires.

Techniques avancées au spinnerbait pour le brochet

Le spinnerbait est une technique qui se bonifie avec la pratique. Au-delà du simple linéaire, plusieurs animations enrichissent l’efficacité du Nays MZ RNNR 2.0.

Le yo-yo ou « flutter » : lancer le spinnerbait, laisser couler 3-4 secondes, récupérer 4-5 tours de manivelle rapidement, stop à nouveau. Ce mouvement vertical alterné imite un poisson-fourrage qui monte et descend, ce qui déclenche des attaques réflexes même sur des brochets peu actifs. Particulièrement efficace en automne quand les brochets sont plus létargiques mais restent prédateurs.

Le wake bait : récupération très lente en maintenant la palette juste sous la surface, créant un sillage visible. Par temps calme avec peu de vent, cette technique est spectaculaire et provoque des attaques de surface violentes. Le MZ RNNR 2.0 à 14g monte très facilement dans la colonne d’eau, utilisez-le.

Le slow roll : récupération lente qui maintient le leurre à mi-profondeur (1-2m). Idéal au printemps sur les brochets qui cherchent les premiers spots ensoleillés. La palette tourne lentement, le flash est régulier, le brochet a le temps de s’approcher et de décider.

En canal avec une végétation dense de myriophylles en été, le MZ RNNR 2.0 posé délicatement à la surface et récupéré avec des stops fréquents au-dessus des herbes peut produire des résultats remarquables là où les autres leurres sont inutilisables. C’est dans ces situations que le spinnerbait trouve sa véritable niche.

Mon verdict final

4/5 pour le Nays MZ RNNR 2.0. Un point perdu pour la spécialisation limitée à des contextes précis et les finitions qui restent celles d’un leurre à 13€. Mais dans son rôle, spinnerbait d’initiation et de prospection en eau végétée, il est remarquable pour son prix. Achetez-en 3 ou 4 coloris différents, commencez à pêcher les zones que vous évitez jusqu’ici, et convertissez vos amis à la technique.

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