5 leurres incontournables pour la pêche du brochet en début de saison !

TRN190 nays

L’ouverture de la pêche des carnassiers approche à grands pas et comme chaque année, la question revient : quels leurres glisser dans sa boîte pour maximiser ses chances dès les premiers lancers ? Pour y répondre, j’ai réuni cinq spécialistes, chacun représentant une marque et une catégorie de leurre bien précise. Grub, glidebait, tête poilue, swimbait et jerkbait : voici cinq armes redoutables pour démarrer la saison du bon pied.

Le grub : le leurre sous-côté qui fait la différence

On l’oublie trop souvent, et pourtant le grub, qu’on appelait autrefois la virgule ou le leurre fossile, est l’un des tout premiers leurres souples avec lesquels des générations de pêcheurs ont traqué le brochet. Aujourd’hui largement délaissé au profit des shads, des chatterbaits et des jerkbaits, il reste un leurre redoutablement efficace, notamment en début de saison. C’est Adrien Hillion, ambassadeur SPRO, qui nous rappelle à quel point cette catégorie mérite sa place dans nos boîtes.

Le grub apporte une vibration fondamentalement différente de celle d’un shad classique. Son flagelle produit une ondulation ample et régulière qui, dans l’eau, imite à la perfection le mouvement d’une anguille en déplacement. Or les brochets raffolent des anguilles, une proie ultra calorique particulièrement présente dans les rivières et certains lacs de mars à juillet. À une période où les poissons sortent de la période de reproduction et cherchent à reconstituer leurs réserves énergétiques, proposer un leurre qui évoque cette proie naturelle relève du bon sens. Adrien insiste d’ailleurs sur ce point : le grub est un leurre qu’il garde accroché à sa canne toute l’année, mais c’est au printemps et en plein été qu’il obtient ses meilleurs résultats, précisément pendant la période de remontée des anguilles.

L’autre atout majeur du grub, c’est sa complémentarité avec les leurres plus classiques. Quand tous les pêcheurs martèlent les postes avec des shads vibrants et des chatterbaits agressifs, le grub propose quelque chose de visuellement et mécaniquement différent. C’est un leurre qui sort du lot, qui surprend des brochets devenus méfiants à force de voir passer les mêmes stimuli. On peut le pêcher proche du fond avec une tête plombée, mais aussi très haut dans la couche d’eau avec un montage shallow non plombé, ce qui en fait un outil extrêmement polyvalent pour les pêches de bordure en début de saison.

Iris Shocktail : le grub nouvelle génération

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Le leurre qu’Adrien a choisi de nous présenter, c’est le tout nouveau Iris Shocktail, un grub disponible en trois tailles : 20, 30 et 40 centimètres. Trois moules différents, trois volumes radicalement distincts. Entre le 20 et le 30, l’écart visuel est saisissant : on passe d’un leurre relativement compact à un véritable monstre de volume, alors qu’il n’y a que dix centimètres de différence sur le papier. Le 40 centimètres, quant à lui, constitue une bouchée XXL pour les sessions où l’on cible spécifiquement les gros sujets.

Ce qui distingue le Shocktail des autres grubs du marché, c’est d’abord son attention au détail. Le flagelle ne se contente pas d’une simple ondulation : il dispose d’un léger renflement en bout de queue qui produit une traction et une vibration différentes, créant ce qu’Adrien décrit comme une « double clé » entre le battement du flagelle et ce petit appendice terminal. Le résultat, c’est un leurre qui émet des signaux visuels et vibratoires distincts de tout ce qui existe dans la catégorie.

Le Shocktail est également truffé de petites attentions pratiques. Sous le ventre, une fente avec l’indication « stinger position » et des flèches montrent exactement où positionner l’hameçon additionnel. Sur le dos, les tailles d’hameçon recommandées sont gravées avec un petit rond indiquant le point de sortie idéal. Pour le 30 cm par exemple, les tailles 8/0, 10/0 et 12/0 sont indiquées. Fini le tâtonnement au moment d’acheter ses têtes plombées. On retrouve aussi un repère visuel sur le dessus du leurre, une petite bulle colorée qui permet de suivre la trajectoire du grub dans l’eau et d’ajuster sa vitesse de récupération en temps réel.

La gomme est en PVC, un juste milieu entre souplesse et résistance. Assez tendre pour que la queue plie facilement et produise une nage vivante même à très basse vitesse, mais suffisamment ferme pour encaisser les attaques répétées sans se déchirer. Adrien privilégie un montage en hameçon simple avec un stinger plutôt qu’un montage texan, estimant que la gomme est un peu trop dense sur les grandes tailles pour un passage optimal de l’hameçon en texan. Le 20 cm pourrait éventuellement se prêter à ce type de montage, mais à partir du 30, mieux vaut opter pour une monture classique.

iris shocktail 1

Côté coloris, deux nouvelles teintes arrivent : le Sexy Lavender, une couleur gelée idéale pour les eaux claires et les journées ensoleillées, et le Yellow Shark, un jaune pétard redoutable sur les eaux teintées. Le coloris perch naturel reste une valeur sûre et figure parmi les favoris d’Adrien. Sa taille de prédilection : le 30 cm, qui fait bouger aussi bien des poissons de 50 cm que des brochets métrés. Pour les petites rivières, le 20 cm fera aussi largement le travail et se révèle un excellent leurre pour cibler les sandres en complément.

Le conseil d’Adrien pour décrocher son premier métré de la saison : un montage shallow basique, une tête plombée de 15 grammes dans 5 à 6 mètres d’eau, en laissant le Shocktail évoluer de façon planante 2 à 3 mètres au-dessus du fond. Les brochets montent dessus comme des fusées.


Le glidebait : l’arme de séduction discrète

Le glidebait est un leurre dur articulé en deux sections dont la nage en S, ample et silencieuse, imite à la perfection le déplacement nonchalant d’un poisson fourrage. C’est souvent la porte d’entrée vers la pêche aux gros leurres pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas du big bait. Killian, spécialiste des leurres durs chez Nays, nous explique pourquoi cette catégorie excelle en début de saison.

À l’ouverture, les brochets sortent de la reproduction. Ils sont affamés mais restent méfiants. Le glidebait répond parfaitement à cette double exigence : il représente une belle bouchée, les tailles démarrent généralement autour de 15 cm, tout en adoptant une approche discrète qui ne va pas effaroucher des poissons encore sur la réserve. Contrairement à un shad qui vibre intensément ou à un jerkbait qui claque dans l’eau, le glide évolue en silence, se contentant de déplacer de l’eau avec élégance.

L’un des grands atouts du glidebait, c’est la liberté qu’il offre dans l’animation. En linéaire au moulinet, il dessine de larges S au-dessus des herbiers. Mais on peut aussi le désaxer à la demande, l’envoyer à gauche, à droite, le faire glisser le long d’un obstacle, le stopper net dans un trou d’herbier, puis repartir en linéaire. Killian résume bien la chose : c’est l’un des rares leurres avec lesquels on peut véritablement « écrire une histoire », adapter en temps réel sa trajectoire à la topographie du fond et aux réactions des poissons. C’est aussi un leurre très visuel puisqu’il évolue entre la surface et un mètre de profondeur, offrant des attaques spectaculaires quand un brochet monte dessus. Le conseil de Killian : ne surtout pas ferrer à la vue mais attendre que le poisson ait refermé la bouche et se soit retourné.

Nays TRN 190 : le glidebait modulable

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Le Nays TRN 190 est un glidebait flottant de 19 centimètres pour 56 grammes qui se distingue par sa modularité. Dans la boîte, une boîte premium qui ressemble à un packaging de smartphone, on trouve le leurre équipé d’hameçons en taille 2, deux queues interchangeables, deux bavettes clippables et un lest de 2,5 grammes. Avec ces accessoires, le TRN 190 se transforme en trois leurres distincts.

En configuration de base, sans bavette et sans lest, c’est un glide flottant classique. On le lance, on le ramène au moulinet ou en animation, et il dessine ses S caractéristiques juste sous la surface. En clippant le lest de 2,5 grammes sous le museau, une petite encoche est prévue à cet effet, il passe en slow sinking et permet de pêcher jusqu’à un mètre, un mètre cinquante sous la surface. Ces 2,5 grammes peuvent sembler dérisoires sur le papier, mais leur impact sur la nage et la profondeur d’évolution est considérable. On peut même ajouter un lest supplémentaire pour ceux qui veulent explorer des couches d’eau plus profondes, sans pour autant casser la nage du leurre.

Le système de queues interchangeables ajoute une dimension supplémentaire. La queue plate standard favorise la glisse latérale en mode glide, tandis que la queue castor accentue les mouvements gauche-droite et modifie l’impact visuel dans l’eau. Le leurre paraît d’ailleurs nettement plus volumineux avec la queue castor.

Mais la vraie surprise vient des bavettes. En clippant la petite bavette à l’avant, le TRN 190 se transforme en crankbait : on lance, on ramène à la manivelle, et il nage tout seul avec un rolling prononcé. La queue castor combinée à cette bavette accentue le phénomène de désaxage gauche-droite. Avec la grosse bavette, on passe en mode « dead walk », une animation de type poisson mort : canne basse, on tape dans la canne comme pour un jerk, on rend la main, deux tours de manivelle, on recommence. La grosse bavette crée une forte résistance qui fait monter le leurre à chaque impulsion grâce aux émerillons rolling intégrés — un détail technique important puisque ce ne sont pas de simples tiges métalliques rigides mais de vrais émerillons qui permettent un mouvement de haut en bas en plus du gauche-droite. Ce mode est idéal pour insister sur des postes précis : on envoie le leurre dans une tête d’arbre, on fait deux ou trois jerks, une pause, et le TRN 190 reste suspendu dans la zone de strike bien plus longtemps qu’un leurre classique.

L’astuce de Killian pour optimiser encore le leurre : remplacer les hameçons d’origine en taille 2 par des BKK Spear 71 SS en taille 1, légèrement plus gros. Ce surplus de poids accentue le caractère coulant du leurre et améliore le taux de piquage.

Le TRN 190 est disponible en 8 coloris, allant du très naturel translucide au perche agressif en passant par des jaunes francs et des teintes opaques. Les coloris translucides laissent passer la lumière jusque dans le ventre, un détail qui fait la différence en eau claire. Prix : 62,99 €. Un conseil de Killian en bonus : ne jetez pas la boîte. Au dos, un QR code renvoie vers un guide complet d’utilisation avec les différentes configurations, les animations recommandées et des démonstrations en vidéo.


La tête poilue : du volume sans le poids

La catégorie des têtes poilues, ou bucktails pour les puristes, est un pilier de la pêche du brochet aux leurres qui revient en force ces dernières années. Matthias Lothy, fondateur de Bim Tackle, nous explique pourquoi c’est un choix pertinent pour l’ouverture.

Les avantages sont nombreux. Premièrement, une tête à poil brasse énormément d’eau. Le volume de fibres crée un effet de parapluie qui pousse et déplace une quantité de liquide bien supérieure à ce que ferait un leurre souple de taille équivalente. Pour des brochets encore un peu léthargiques au sortir de l’hiver, ce signal hydrodynamique puissant est facilement détectable et peut déclencher des réactions d’attaque. Deuxièmement, ces leurres sont généralement non plombés ou très peu plombés, ce qui leur permet d’évoluer très haut dans la couche d’eau. On se retrouve avec quelque chose de proche du suspending, idéal pour les pêches printanières en bordure et au-dessus des herbiers. Et si l’on veut pêcher plus creux, il suffit de clipper une petite poire de plomb pour descendre sur les cassants sans changer de leurre.

Mais l’avantage le plus méconnu des têtes poilues, c’est le rapport volume/poids. Un gros leurre souple de 25 cm peut facilement peser 100 à 200 grammes. Ajoutez une tête et un armement, et vous vous retrouvez avec un combo de 300 grammes qui fatigue le bras au bout d’une heure. Le poil, lui, offre un volume considérable pour un poids plume. Résultat : on obtient un leurre imposant mais léger, confortable à lancer et à animer toute la journée.

Bim Tackle Shallow Cruiser : la nouveauté de la saison

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Le Shallow Cruiser de Bim Tackle est une vraie nouveauté qui arrive dans les bacs au moment de l’ouverture. C’est un ensemble complet comprenant une tête en résine et un grub spécifique, le VV Cruiser, le tout monté et armé.

La tête est en résine neutre, non plombée, ce qui lui confère un comportement très proche du suspending : elle coule très doucement et reste naturellement très haute dans la couche d’eau. Sa forme est la première originalité. Contrairement à la quasi-totalité des têtes poilues du marché qui adoptent un profil rond, le Shallow Cruiser présente une forme aplatie, presque ovale. L’intérêt est direct : quand un brochet suit le leurre en linéaire, une petite impulsion à la canne suffit à désaxer le leurre et à présenter son flanc au poisson. Or, on le sait, montrer le flanc à un brochet est l’un des déclencheurs d’attaque les plus fiables qui existent. Avec une tête ronde classique, un twitch ne produit aucun écart latéral. Avec le Shallow Cruiser, on obtient ce petit mouvement de côté qui fait souvent la différence.

La collerette de poils est en fibres 100 % synthétiques, un choix délibéré de Mathias pour deux raisons. D’une part, l’approvisionnement en poils naturels (lapin, cerf, etc.) devient de plus en plus compliqué et coûteux. D’autre part, le poil naturel est interdit en compétition de pêche, tandis que le synthétique est autorisé. Les compétiteurs pourront donc utiliser le Shallow Cruiser en épreuve officielle sans se poser de questions.

L’armement est soigné, avec des hameçons BKK Heavy Wide Gap choisis spécifiquement pour leur gap très large et leur hampe courte. Ce type d’hameçon pique extrêmement fort, ce qui est capital sur une tête poilue où le volume de fibres peut freiner la pénétration de l’hameçon dans la gueule du brochet. Une petite chaînette relie l’hameçon ventral à la tête, et un emplacement est prévu pour clipper un John White (pour le plomber) ou une palette. Attention toutefois : ce n’est pas un montage full wire, il ne faut donc pas y accrocher un hameçon additionnel sous peine de voir un brochet repartir uniquement avec l’hameçon.

Le VV Cruiser, le grub monté sur la tête, apporte une action très particulière. Son arête dorsale épaisse concentre le battement sur la seule extrémité de la queue, produisant une nage très tonique, à mi-chemin entre le shad et le grub. C’est un leurre qui peut vibrer intensément tout en étant récupéré très lentement, une combinaison rare et déstabilisante pour les brochets : un signal vibratoire puissant associé à une vitesse de déplacement minimale. Comme le résume Mathias avec humour, c’est un peu comme un lipless qui nagerait à deux à l’heure : ça ne devrait pas exister, mais ça marche redoutablement bien.

L’ensemble mesure 23 centimètres pour environ 95 grammes et passe parfaitement sur une canne type Bim Oversize. La tête seule est disponible séparément (environ 26,90 €) pour ceux qui veulent composer leurs propres combos avec d’autres leurres souples. Le Shallow Cruiser complet avec VV Cruiser, armement et chaînette est proposé aux alentours de 39,90 €. Sept coloris sont disponibles au lancement, du pétard au naturel en passant par un noir très demandé par la communauté et un jaune-marron-orange que Mathias considère comme une couleur d’une puissance absolue.

En termes d’animation, c’est du direct drive : on lance, on mouline, on varie les vitesses de récupération. Pas besoin de taper dans la canne ni de jerker. Le simple fait de ralentir, accélérer, faire une pause de temps en temps suffit à provoquer les attaques. Mathias recommande de privilégier les grands ralentissements plutôt que les stops francs, même si certains jours le stop and go pur s’impose comme la solution.


Le swimbait : la finesse au service de l’efficacité

Le swimbait, leurre dur articulé en plusieurs sections qui nage en S, est un classique de la pêche du brochet, mais il est souvent associé aux pêches d’automne avec des modèles XXL. Pourtant, comme nous l’explique Hiroshi Takahashi, créateur chez Trefle Creations et figure légendaire du leurre articulé, c’est aussi un choix remarquable pour le début de saison.

Le raisonnement est simple : au printemps, les surfaces d’eau commencent à se lisser avec les premières belles journées, et les brochets sortant de reproduction sont à la fois affamés et méfiants. Le swimbait, avec sa nage en S silencieuse et son allure de poisson fourrage réaliste, attire suffisamment l’attention sans effrayer les poissons. Pour Hiroshi, c’est même le premier leurre à lancer en arrivant au bord de l’eau : il ne dérange pas, ne pollue pas le poste, et peut déclencher des touches dès les premiers passages là où un leurre agressif aurait immédiatement mis les brochets en alerte. Si le swimbait ne donne rien, on passe ensuite à des animations plus agressives. L’inverse, commencer fort puis tenter le discret, fonctionne beaucoup moins bien puisque les poissons sont déjà sur leurs gardes.

Hiroshi insiste aussi sur la vitesse de récupération. Au printemps, les brochets ne sont pas encore pleinement actifs. Un swimbait récupéré trop vite sera perçu comme une proie trop rapide et les poissons abandonneront la poursuite. Il recommande de commencer par trouver la vitesse minimale à laquelle le leurre commence à nager, puis de rester le plus proche possible de cette vitesse. On montre au brochet une proie facile, pas un poisson en pleine forme qui file à toute allure.

Trefle Mirage JT161 : l’innovation japonaise au service du brochet

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Le Mirage JT161 est un swimbait trois sections de 16 centimètres pour 45 grammes, conçu par Hiroshi Takahashi lui-même depuis le Japon. Ce leurre concentre plusieurs innovations qui le distinguent de la concurrence.

La première, c’est l’amplitude de sa nage en S. Contrairement à beaucoup de swimbaits trois sections qui nagent relativement droit, le Mirage propose une nage ample, presque à mi-chemin entre un swimbait classique et un glidebait. Ce n’est pas un hasard : Hiroshi a observé que les brochets rataient souvent leurs attaques sur les glides à cause de leurs embardées trop larges. Le poisson se lance, le leurre part d’un côté, le brochet rate et abandonne. En resserrant la nage du glide tout en la gardant plus ample que celle d’un swimbait standard, le Mirage se place dans un entre-deux idéal : suffisamment mobile pour attirer l’attention, mais pas assez erratique pour que le brochet rate son coup.

Le corps du Mirage est relativement étroit et plat, un choix délibéré qui facilite la prise en gueule par le brochet. Un leurre trop épais multiplie les ratés au moment de l’attaque parce que le poisson ne parvient pas à refermer correctement sa mâchoire. Avec le profil fin du Mirage, les hameçons sont bien présentés et le taux d’accrochage est excellent.

Pour compenser l’étroitesse du corps et éviter le rolling excessif, Hiroshi a ajouté deux petites ailettes stabilisatrices sur les flancs. Ces nageoires jouent aussi un rôle crucial quand le leurre évolue près de la surface : elles le maintiennent dans l’eau et l’empêchent de sortir de sa ligne de nage, un peu comme la bavette d’un poisson nageur classique.

Mais l’innovation la plus spectaculaire du Mirage est invisible à l’œil nu. Chaque section est équipée d’un système de pendule intérieur breveté, le Kiss-Block, qui verrouille les articulations en vol. Concrètement, quand on lance le Mirage, il se met parfaitement droit et vole comme une flèche, sans tournoyer, sans se mettre en crabe, sans que les sections se replient sur elles-mêmes. Dès qu’il touche l’eau, le système se libère et le leurre retrouve toute sa souplesse articulée. Le résultat : des lancers plus longs, plus précis, et surtout la possibilité de placer le leurre exactement là où se tiennent les brochets, près des roseaux ou le long des bordures, sans craindre un lancer raté qui atterrit dans les obstacles.

Le Mirage a été équilibré pour fonctionner avec un simple bas de ligne en fluoro et une agrafe, sans que cela n’affecte sa nage. Légèrement piqué du nez à sec, il se met parfaitement à l’horizontale une fois lesté par le bas de ligne et l’agrafe.

Disponible en 8 coloris, des teintes très naturelles imitant des alevins aux couleurs plus flashy typiquement japonaises, le Mirage JT161 est proposé autour de 30 €. Un tarif raisonnable pour un swimbait de cette qualité de fabrication. Trefle propose aussi un modèle plus gros de 130 grammes pour les pêches d’automne, mais pour l’ouverture, la taille 161 est idéale : les proies naturelles sont encore petites en début de saison et un leurre de 16 cm correspond parfaitement à la nourriture habituelle des brochets à cette période.

miraje jt 161 trefle

Le jerkbait : le provocateur qui fait craquer les brochets

Dernière catégorie de cette sélection, le jerkbait, dans sa version brochet, pas le petit jerkbait minnow, est un leurre iconique de la traque du brochet. Tanguy, développeur produit chez Sakura et pêcheur passionné, nous explique pourquoi ce type de leurre est indispensable dans notre boîte d’ouverture.

Le jerkbait excelle dans les conditions météo mouvementées du printemps : coups de froid, giboulées, fronts froids. C’est le leurre du « cold front » par excellence. Mais il fonctionne aussi très bien par temps calme et chaleur modérée, ce qui en fait un outil polyvalent pour toute la période d’ouverture. En début de saison, les brochets se tiennent souvent en bordure, près des herbiers, dans des profondeurs modestes. Le jerkbait, qui évolue généralement entre un et quatre mètres, est parfaitement adapté à ces configurations.

Le jerkbait propose deux modes de pêche complémentaires. En linéaire, il avance avec de grands S qui permettent de couvrir rapidement du terrain et de prospecter de larges zones. Quand on arrive sur un secteur prometteur, une cassure, un bois mort, une zone de nénuphars, on passe en animation avec de petits coups de poignet qui font travailler le leurre sur place, gauche-droite, gauche-droite, avec une amplitude de déplacement longitudinal très faible. Le leurre bouge énormément mais n’avance quasiment pas, insistant dans la zone de strike jusqu’à ce que le brochet craque. C’est cette alternance linéaire rapide / animation sur place qui rend le jerkbait si redoutable.

Sakura Baffeur Jerk : l’incassable made in France

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Le Sakura Baffeur Jerk existe en deux tailles : 10 cm pour environ 41 grammes et 12,5 cm pour quasiment 70 grammes. Le nom « Buffer » vient du mouvement caractéristique du leurre, ce balancement latéral incessant gauche-droite-gauche-droite.

Pour l’ouverture, Tanguy recommande le modèle 12,5 cm. Plus volumineux, il brasse davantage d’eau et produit un phénomène d’énervement chez le brochet. On est ici dans une logique de provocation plus que d’imitation : le Buffer Jerk ne cherche pas à ressembler à une proie discrète mais à irriter le poisson jusqu’à ce qu’il attaque par réflexe. Les petites proies, selon Tanguy, sont plutôt l’affaire de l’été.

Le Baffeur Jerk affiche une densité proche du suspending, voire légèrement flottant à des températures d’eau supérieures à 15 degrés, ce qui est typique de l’ouverture dans de nombreuses régions. Cette caractéristique est un atout majeur pour les pêches en bordure : quand on sent qu’on approche des herbiers, on stoppe la récupération et le leurre remonte tout doucement au lieu de plonger dans les obstacles. Les coloris flashy sont suffisamment visibles pour qu’on puisse suivre le leurre des yeux même à grande distance, ce qui permet de contrôler sa trajectoire en temps réel et de repérer les moindres remous ou suivis de poisson.

Le Baffeur Jerk est aussi un leurre extrêmement sonore. Le modèle 12,5 cm contient de grosses billes qui produisent une sonorité grave et percutante. Ces billes disposent d’un léger espace entre elles et la coque, ce qui crée des chocs sourds très audibles. Quand on anime le leurre depuis un bateau, on l’entend résonner. Cette agressivité sonore participe au phénomène de provocation qui caractérise le Baffeur Jerk.

La construction est un point fort notable du leurre : 2 mm d’épaisseur de plastique le rendent quasiment incassable. Tanguy rapporte que des pêcheurs d’aïmaras en Guyane ont attrapé des dizaines de poissons avec le même exemplaire sans que le leurre ne cède. Les dents des aïmaras ne traversent pas la coque et la peinture tient remarquablement bien, ce qui en fait également un excellent choix pour les pêches exotiques.

L’animation est accessible à tous. En linéaire, le Baffeur Jerk nage en S tout seul. En animation, pas besoin de grands coups de jerk amples : de petits mouvements de poignet suffisent à le faire travailler sur place, presque comme un stickbait. Tanguy a une approche personnelle intéressante : il couvre d’abord du terrain en linéaire rapide (power fishing) et dès qu’il obtient une première touche, il ancre le bateau et travaille tout le secteur en animation serrée gauche-droite. Cette technique rend les brochets « complètement fous » selon ses propres mots.

Le Baffeur Jerk se lance comme un missile grâce à sa densité élevée, 41 grammes pour 10 cm, c’est considérable, et représente un atout précieux pour les pêcheurs du bord qui ont besoin de gagner les deux ou trois mètres supplémentaires pour atteindre la berge d’en face ou un arbre immergé. Point important : les coloris sombres disposent d’un marquage jaune fluo sur le dos et la queue pour rester visibles même dans l’eau verte.

Huit coloris sont disponibles, flashy, naturels, translucides et sombres, mais attention, la gamme de couleurs est renouvelée quasi chaque année. Si un coloris vous plaît ou vous réussit, ne tardez pas à faire votre stock car il ne sera peut-être pas reconduit la saison suivante. Prix : autour de 15,90 à 16,90 € selon la taille. Un tarif très accessible pour un jerkbait de cette qualité, à glisser absolument dans sa boîte d’ouverture.


Conclusion

Voilà cinq catégories de leurres complémentaires qui couvrent un large spectre de situations de pêche pour l’ouverture et le début de saison carnassiers. Le grub avec l’Iris Shocktail pour sa vibration singulière et son imitation d’anguille, le glidebait avec le Nays TRN 190 pour sa modularité et sa discrétion, la tête poilue avec le Bim tackle Shallow Cruiser pour son volume léger et sa capacité à brasser de l’eau, le swimbait avec le Trefle Mirage JT161 pour sa nage en S innovante et sa précision de lancer, et le jerkbait avec le Sakura Baffeur Jerk pour sa puissance de provocation et sa solidité à toute épreuve.

Chacun de ces leurres répond à une logique de pêche différente et c’est en les combinant au fil de la journée, en fonction des conditions, de l’humeur des poissons et de la topographie du parcours, que vous maximiserez vos chances de réussite. N’hésitez pas à les commander via les liens ci-dessus pour soutenir le site. Bonne ouverture à toutes et à tous !

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